À l'affiche à Berlin
Gabriele Stötzer, Die Auslöschung eines Blicks – Ich trage meine Wunden heute offen, 1983

Gropius BauKreuzberg

Gabriele Stötzer: Dabei sein und nicht schweigen

En ce moment19 juin 2026 – 6 décembre 2026Payant : voir le site

La plus importante exposition monographique institutionnelle consacrée à l'artiste est-allemande Gabriele Stötzer : près de 150 œuvres — peintures, photographies, créations textiles, films Super 8 et performances — explorant la justice, le genre et la résistance.

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En entrant, on découvre des films Super 8 projetés de toutes parts, leurs bandes-son se chevauchant, parfois dans une cacophonie discordante. Dans l’un d’eux, réalisé en 1989, Stötzer se tient nue devant un miroir, demande 66 fois « Hab' ich euch nicht blendend amüsiert? » et trace sur son corps des lignes rouge sang qui évoquent un squelette ou des barreaux de prison.

Environ 150 œuvres couvrent cinq décennies : dessins, photographies, livres d’artiste, textiles, films et performances. Stötzer a été emprisonnée en 1976 pour avoir signé une pétition. Quand ses amis sont partis, elle est restée à Erfurt et y a fondé un collectif underground de femmes, le Künstlerinnengruppe Erfurt. Un texte mural la cite évoquant le coût des pellicules : un film Super 8 valait une saucisse, un film couleur deux.

Pour Berlin Art Link, les photographies sont « sans doute la partie la plus passionnante de l’exposition ». art-in-berlin prévient qu’il ne s’agit pas d’une introduction en douceur, mais d’une « confrontation maximale » avec une icône. Attendez-vous à voir de la peinture corporelle et de la nudité. Les billets coûtent 15 €, ou 10 € au tarif réduit. Le musée est fermé le mardi.

À ne pas manquer

  • Hab' ich euch nicht blendend amüsiert? (1989)

    Repérez le film Super 8 où Stötzer, nue devant un miroir, répète 66 fois la question du titre en traçant sur son corps des lignes rouges semblables à des barreaux de prison.

  • Undine kommt (2025)

    Des figures textiles monumentales inspirées de la mythologie, réunies pour la première fois et baptisées d’après le récit d’Ingeborg Bachmann, où Undine tourne le dos aux hommes.

  • Les empreintes corporelles

    Stötzer s’est couverte de peinture puis s’est pressée, à plusieurs reprises, contre un mur tapissé de feuilles de papier, répétant ainsi les empreintes sur toute la surface, comme une grille.

  • Lippen mit Draht (1983)

    Une série de photos montre des lèvres maintenues closes par un fil de fer. Elle a été réalisée par une artiste emprisonnée en RDA pour avoir signé une pétition.

  • Les livres d’artiste

    Treize livres-objets et leporellos réalisés entre 1982 et 1988, mêlant photos, dessins et textes. Conçus pour lui permettre de montrer son travail puis de le faire disparaître rapidement lorsque l’État dispersait les réunions.

Idéal pour

  • Habitués qui ont tout vu
  • Passionnés

À éviter si

Vous cherchez une visite calme et douce : les bandes-son des films se chevauchent dès l’entrée, et un critique a parlé de « confrontation maximale ».

Gratuit, sous le même toit

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