iCentre Pompidou · Beaubourg
Une trentaine d'artistes, de Kupka à Jumana Manna, puisés dans les collections du Centre Pompidou, investissent la nef du Panthéon de vies discrètes, intimes et anonymes - un contrepoint aux grands hommes du monument. Entrée libre, dans le cadre du programme Constellation.
Sept visages d’enfants, tirés d’anciennes photos de classe, sont disposés comme un autel sur du papier cadeau de Noël, sous sept ampoules allumées. Christian Boltanski en a fait un monument aux disparus. Ici, il se dresse au Panthéon, sous la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ».
Une trentaine d’artistes des collections du Centre Pompidou, de Kupka à Jumana Manna, occupent chacun un module pâle dans la nef, sans parcours imposé. On déambule entre les œuvres, qui entrent en dialogue avec le bâtiment : les jeunes cavaliers de Philadelphie de Mohamed Bourouissa font face aux cavaliers du monument à la Convention nationale de Sicard. Victor Hugo repose à l’étage inférieur ; ici, une famille est réunie autour d’une tarte au citron ratée.
Sortiraparis conseille de prendre son temps, de préférence en fin d’après-midi, quand la lumière glisse dans la nef. Attendez-vous à voir des vidéos, des photographies et des installations plutôt que des peintures ; le panorama sous la coupole est fermé pour rénovation. Billets : 16 € (13 € au tarif réduit), tous les jours de 10 h à 18 h (à partir de midi le lundi). Visites guidées le dimanche à 11 h et à 14 h.
Monument de Christian Boltanski (1986)
Repérez les sept visages d’enfants tirés de photos de classe, disposés comme un autel sur du papier cadeau de Noël, avec sept ampoules électriques allumées au-dessus.
Bicep de Jumana Manna (2015)
Un muscle géant en plâtre repose sur un échafaudage à roulettes récupéré, sans socle : imposant vu de l’extérieur, il est creux et fragile à l’intérieur.
Veni Vidi Vici de Marwan Rechmaoui (2013)
992 blocs de marbre blanc vierges, pour un poids total d’environ 800 kg, évoquent un col libanais où les conquérants, des pharaons à Napoléon, gravaient leurs noms. Ceux-ci sont laissés vierges, pour le prochain venu.
Les lettres perdues d’Adrianna Wallis
Des cartons de lettres d’amour, de nouvelles familiales et de confessions impossibles à distribuer, que La Poste lui envoie à raison d’un carton tous les trois mois depuis 2017, au lieu de les mettre au pilon.
La tarte au citron de Joël Bartoloméo (1993)
La caméra posée sur la table, l’artiste filme sa compagne Lili et leurs deux enfants réunis autour d’une tarte au citron ratée.
Vous cherchez des peintures : la plupart des trente artistes présentent des vidéos, des photographies ou des installations.
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