iPièce par pièce, la Galleria Borghese abrite sans doute la plus forte concentration de chefs-d'œuvre de toute la ville de Rome. Nichée dans une villa du XVIIe siècle au beau milieu des jardins de la Villa Borghese, elle vaut autant pour son cadre — plafonds ornés de fresques et sols de marbre — que pour les toiles suspendues à ses murs. Le cardinal Scipione Borghese appartenait à cette catégorie de mécènes chez qui le goût le plus sûr se doublait du pouvoir d'assouvir toutes ses envies. Il convoitait Bernini, Caravaggio, Raphaël et Titien ; il les a tous eus. Le rez-de-chaussée est dominé par les sculptures de Bernini — Apollon et Daphné, Le Rapt de Proserpine, David —, sculptées alors qu'il sortait tout juste de l'adolescence. Elles frappent autant par leur virtuosité technique, qui tient presque de l'impossible, que par leur intensité émotionnelle. À l'étage, Le Garçon à la corbeille de fruits, La Madone des palefreniers et le sombre et violent David avec la tête de Goliath de Caravaggio (où sa propre tête tranchée lui sert d'autoportrait) côtoient La Déposition de Raphaël et L'Amour sacré et l'Amour profane de Titien. Le créneau de visite de deux heures peut sembler contraignant, jusqu'à ce que l'on comprenne qu'il préserve les salles de la cohue et permet de contempler véritablement les œuvres. Pensez à réserver très en avance : c'est l'un des billets les plus difficiles à obtenir à Rome, en particulier durant la haute saison.

Cette allégorie peinte par Titian vers 1514 réunit deux femmes, l'une vêtue et l'autre nue, de part et d'autre d'une fontaine : une méditation énigmatique sur l'amour terrestre et divin, réalisée à l'occasion d'un mariage vénitien.

Peint vers 1609-1610 durant l'exil du Caravage, ce tableau montre un David mélancolique brandissant la tête décapitée de Goliath ; les traits du géant agonisant sont ceux de l'artiste lui-même.

Le David (1623-1624) du Bernin saisit le héros en pleine torsion, le front plissé et les lèvres serrées, plongeant le spectateur au cœur de l'action — une rupture baroque majeure avec la figure sereine façonnée par Michel-Ange.

Ce marbre de Canova (1804-1808) représente la sœur de Napoléon, Pauline, allongée et demi-nue sous les traits de Vénus tenant la pomme d'or – un chef-d'œuvre néoclassique qui fit scandale en son temps.

Sculpté entre 1622 et 1625 par un Bernini tout juste âgé d'une vingtaine d'années, ce marbre saisit l'instant précis où Daphné se métamorphose en laurier pour échapper à Apollon, ses doigts se muant déjà en feuilles. Le chef-d'œuvre absolu de la galerie.
Piazzale Scipione Borghese 5, 00197 Roma RM, Italy
Station la plus proche : Spagna (ligne A) et Flaminio (ligne A)
Voir sur la carte| lun. | Fermé |
| mar. | 9:00–19:00 |
| mer. | 9:00–19:00 |
| jeu.Aujourd'hui | 9:00–19:00 |
| ven. | 9:00–19:00 |
| sam. | 9:00–19:00 |
| dim. | 9:00–19:00 |
Dès 18 €
Gratuit le premier dimanche du mois. Réservation obligatoire. Visites strictement limitées à 2 heures.
Dernière vérification :
Votre image ? Demandez-nous de la corriger ou de la retirer.