
Barbican Centre · City of London
L'artiste japonaise Yuko Mohri transforme The Curve avec une commande pensée pour ce lieu, explorant les états de flux et les gestes de réparation à travers lumière, son et sculpture cinétique, avec des objets issus du Barbican.
Un tuyau d’incendie rouge goutte dans un abat-jour transformé en seau. À quelques pas, une minuscule clochette, tirée par des fils, quitte le sol en sautillant et tinte faiblement. Le critique d’ArtReview a qualifié l’ensemble de « pire alarme incendie du monde ». La plupart des œuvres fonctionnent ainsi : fuites, gouttes et petits accidents orchestrés pour produire du son.
Yuko Mohri a réalisé l’installation lors d’une résidence au Barbican, à partir de lampes et d’objets récupérés dans les réserves, les sous-sols et les parkings du bâtiment. À l’entrée, de vieux lampadaires du Barbican sont reliés à des fruits ; l’humidité variable de ceux-ci commande la lumière et le son, si bien que l’œuvre évolue à mesure qu’ils pourrissent. Au fond de la longue galerie incurvée The Curve, Moré Moré (Leaky) s’inspire des réparations de fortune que les employés du métro de Tokyo bricolent avec des seaux et des tuyaux pour colmater les fuites.
L’exposition est gratuite, et ArtReview l’a qualifiée de « meilleure déclaration artistique sur le Londres contemporain ». Attendez-vous à du bruit plutôt qu’au silence : des haut-parleurs installés le long des murs diffusent des sons de bois ralentis et passés à l’envers.
Les lampadaires alimentés par les fruits
À l’entrée, cherchez la table basse en bois, où des fruits sont piqués de pinces ; leur taux d’humidité fait vaciller les lampes récupérées suspendues au-dessus.
Les cymbales actionnées par l’eau
Dans Moré Moré (Leaky), les cymbales résonnent tandis que l’eau circule dans des tuyaux suspendus ; une cuillère maintient un triangle qui tinte à son tour.
Les lavabos empilés
L’eau s’écoule par les bondes d’une pile de lavabos de salle de bains ; ArtReview a comparé l’ensemble à un Donald Judd rouillé.
Les ombres sur les murs
De petites lampes très chaudes posées au sol projettent les tuyaux et les fils sur les murs blancs, comme des ombres chinoises ; sous un parapluie, des gouttes traversent le sol.
Vous cherchez le calme d’une galerie : l’exposition est conçue pour faire entendre gouttes, claquements et bourdonnement des haut-parleurs.